The World Bank/WBI’s CBNRM Initiative

Case Received: February 5, 1998

Author: Amara Coulibaly and Jean-Pierre Derlon

Tel: +233 64 0103

U SIGIGNON

(Let's Make the Bush Better!)

Identification du cas

Pays: 

République du MALI (Afrique de l'Ouest)

Région:

Sikasso: Troisième Région administrative du Mali. L'étude est en cours au voisinage de Koutiala, qui est un Cercle administratif et en même temps une Région de la CMDT.

Type de ressource renouvelable:

Ressources forestières, principalement le bois, les pâturages, les terres agricoles et les points d'eau.

Facteurs contextuels importants:

La zone d'étude est sous une pression à quatre dimensions:

  1. le manque de bonne terre de culture et la baisse de la qualité de celles sous culture

  2. le nombre trop élévé des animaux et de la population

  3. la proximité d'un centre urbain à vocation purement commerciale

  4. la présence de beaucoup d'organismes intervenant de façon dispersée

  5. la disponibilité de ressources exploitables pratiquement sans autorisation.

Implication des auteurs:

L'étude en question dénommé "u sigignon" (améliorons la brousse) a débuté par une concertation locale entre les responsables de quelques uns des villages qui composent actuellement la zone. Ensuite la CMDT a été invitée par le canal de sa Division Défense et Restauration à participer à la première rencontre qui devrait regrouper l'ensemble des villages situés dans un certain rayon et ayant les mêmes objectifs.

  • Cette invitation avait pour but d'aider les villages pour une organisation efficace, de les orienter par rapport à un cadre institutionnel afin que les mesures de gestion qui doivent être prises puissent se caler sur les décisions légales.

  • La CMDT a donc invité à son tour les autres partenaires au développement afin qu'ensemble, ils puissent appuyer cette initiative.

  • Le groupement travaille actuellement de près avec le Projet Environnement et Développement Paysan (EDP) qui est un volet du Bureau de Liaison Inter-Coopération. Cette collaboration est surtout basée sur un rapport de parténariat sur les aspects financiers. L'EDP prend en charge le maximum des frais de protection de l'environnement (85%).

  • L'EDP est intervenu suite à la redéfinition des objectifs d'un projet forestier suisse basé à Sikasso, qui devrait s'occuper non seulement des végétaux, mais aussi du sol qui les supporte. Il a passé par la CMDT à travers le cadre de concertation des Services techniques et avait manifesté son intention de travailler avec des villages associés et ayant les mêmes objectifs. Le contact fut ainsi établi.

La situation initiale

Actuellement la gestion des ressources naturelles au Mali n'est pas de façon générale soutenue par la notion de durabilité, qui en soit, est un concept perçu par une minorité de gens à toutes les échelles, depuis les décideurs jusqu'aux exploitants agricoles. Les ressources sont gérées par des services techniques qui orientent les exploitants sur les terroirs villageois sans leur avis.

La zone d'étude est une aire géographique contiguë à un centre urbain. Elle subissait une pression assez élevée des exploitants de bois (charretiers de la ville) et partageait son pâturage avec des éleveurs transhumants. Aussi, la zone est à son seuil de saturation quand on sait que les réserves en terre cultivable n'attendent que quelques, les jachères ayant pratiquement diparues suite à la mécanisation. La densité de la population est forte. Les agriculteurs urbains font aussi des champs de campagne qu'ils exploitent pendant l'hivernage. Ces champs s'étendent petit à petit sans autorisation.

Les espaces villageois et inter-villageois étaient exploités de façon destructive par les villageois eux-mêmes. Les volumes de bois augmentaient régulièrement tant pour la consommation familiale que pour la vente. Les feux lavaient les pâturages et augmentaient le champ visuel des chasseurs locaux.

Les villages avaient pour la plupart amorcé avec la CMDT un programme de lutte anti-érosive qui devrait passer entre autre par la plantation d'arbres.

Cette situation de départ présentait assez de problèmes:

Le processus du changement

La collaboration entre les villages et les services techniques a positivement joué sur l'évolution de la mentalité et la perception des paysans par rapport à l'exploitation des ressources naturelles. Ce processus a nécessité une série de rencontres avec les paysans.

D'abord, un comité de réflexion composé des représentants des différents a été mis sur pied. Ce comité a travaillé avec un consultant local pour élaboré une stratégie d'information, de formation et la mise en place d'un outil financier pouvant servir de repère aux intervenants qui voudraient financièrement soutenir le groupement. A la suite de cinq regroupements, une pleinière a été organisée. Cette dernière rencontre a pu rédiger un fascicule qui est actuellement une sorte d'annuaire pour les villages et le Projet qui les appui actuellement.

Il existe des noyaux appelés relais villageois qui sont formés pour assurer la relève technique des intervenants extérieurs et du coup assurent la notion de durabilité. ce transfert de compétence est fondamental.

Depuis deux ans, une convention locale (collective) est en discussion. Elle a été élaborée par le groupe de réflexion villageois et disuté dans tous les villages. Les Services techniques qui accompagnent appuient les villages souhaitent que la convention, tout en gardant son originalité, ne soit pas en contradiction avec le Code forestier qui stipule en fait des decisions étatiques. La version à produire sous cette forme fera ensuite le tour de tous les villages avant d'être ratifiée légalement et officiellement par les Autorités administratives et villageoises.

Le résultat

Les changements institutionnels importants sont accompagnés par des mesures locales:

Les mesures institutionnelles prises s'appliquent à deux échelles:

Les différentes propositions qui sont entrain d'être d'appliquées actuellement jouent favorablement sur les resources. Le bois à couper et celui qui coupe peuvent être contrôlés.

Certaines activités (qui ne sont couteuses pour un village) sont entrain d'être réalisées par la collectivité.

Les leçons apprises